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Université d’été 2011


L’université d’été 2011 des Acteurs Chorégraphiques en région Provence-Alpes-Côte d’Azur des 2, 3 et 4 septembre à l’Estaque (Marseille 16), a réuni 18 participants et engagé des perspectives concrètes et coopératives.

Vendredi 2 septembre / Samedi 3 septembre / Dimanche 4 septembre
Un jeu comme fabrique d’écritures et de pensées / Photos de l’UE 2011

 Vendredi 2 septembre 

Matinée

  • Présentation des différents sujets à traiter en petits groupes ou en pléinière
  • État des lieux d’AC et ses désirs (historique / actualité du chorégraphique en région et plus loin) (Voir Chronologie)
  • Tour de table des participants : regards singuliers (Voir Liste des participants)
  • AC une coopération en actions – De la critique à la réalisation = perspective – Les pensées de TAC [danses] – Territoires d’Actions et de Coopérations [danses] : Quel concret pour AC ? Les projets derrière la structuration possible ?

Après-midi

Sardinade au dîner

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 Samedi 3 septembre 

Matinée

Après-midi

  • Synthèse en grand groupe des ateliers du matin
  • Visionnage du film : Miguel Benasayag parle de la différence entre légalité et légitimité :

  • Débat : « Qu’est ce que l’argent ? »

Texte d’ouverture du débat sur l’argent – Université d’été AC 2011

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« L’argent, c’est quoi ? »

Petite métaphore : Anne-Marie donne un billet de 10€ à Jacques pour changer une bougie de sa voiture qui donne ce billet à Jules pour lui acheter des légumes et des fruits qui donne le billet à Bertrand le cordonnier pour lui réparer ses bottes de moto qui donne le billet de 10€ à Anne-Marie pour le cours de danse de sa fille Mathilde…

Dans cette histoire, l’argent prend toute sa valeur positive de circulation et d’échange, permettant à chacun de vivre de ses savoir-faire, s’inscrivant dans du lien social valorisant les différences complémentaires et la dignité humaine d’un travail qui fait socialement sens.

Aristote pensait déjà que dans l’échange monétaire, l’important ce n’est pas la monnaie, c’est l’échange. Alors que l’accumulation de la monnaie pour elle-même est stérile.

Sans la monnaie, la distribution des biens et services peut se faire de 3 façons : le don, la réquisition ou l’échange sous forme de compensation (troc de marchandises, ou paiement de prestations en nature ou « au pair »). Mais pour que deux personnes troquent, il faut une double coïncidence des désirs. La monnaie permet de s’affranchir de cette condition, puisqu’elle constitue un bien échangeable contre tous les autres ; en ce sens elle facilite les échanges. La monnaie est un instrument de paiement en règlement d’un achat (marchandise), d’une prestation (travail) ou d’une dette. Elle a une fonction d’intermédiaire dans les échanges.

Marx et le capitalisme :

  • Dans la société capitaliste il n’y a plus de rapport direct entre le producteur d’un bien et celui qui va le consommer.
  • Il ne faut pas que le travailleur possède ses instruments de travail sinon il pourrait subvenir lui-même à ses besoins, sans inter médiation.
  • La théorie de la valeur consiste en l’idée que la valeur d’une marchandise vient du travail nécessaire pour la produire.

Apport de Pierre Assas :
A un moment les hommes, afin de pouvoir échanger entre eux des produits de consommation en sont venus à donner à chaque objet échangeable une notion de VALEUR évaluée en fonction de ce que l’on appelle le temps de travail socialement nécessaire (Un débutant met plus de temps qu’un travailleur expérimenté. Son temps de travail est supérieur à celui du travailleur confirmé). A cela s’ajoute la valeur intrinsèque du produit travaillé : un diamant vaut cher, parce que c’est un diamant et le temps de travail socialement nécessaire ne compte que très peu. Ainsi donc on en est venu rapidement à échanger non pas dans un troc direct, (Objet contre objet), mais en basant l’échange sur la VALEUR : c’est le principe de la monnaie.

Pendant des millénaires cette monnaie avait une valeur réelle, basée sur le temps de travail socialement nécessaire à fabriquer la pièce auquel on a ajouté la valeur spécifique du métal : bronze, cuivre, or.

Les prémisses du capitalisme ont fait pousser sur les côtés (et éclater) l’arrivée du papier monnaie, dont

  • (1) La valeur n’était que celle inscrite par convention sur le billet, sans rapport avec la valeur intrinsèque du papier
  • (2) Qui devait être gagé par un équivalent or dans les coffres de la banque émettrice.
  • (3) Mais qui permettait surtout une spéculation marchande sur la valeur de la monnaie susceptible de voir son cours évoluer avec un tirage de billets supérieur à la valeur gagé dans le coffre. En fait, dans ce cas là, on a introduit alors une donnée psychologique de taille : si l’économie était fiable, tout le monde veut bien accepter un billet virtuellement dévalué par des tirages successifs sur lesquels on ferme les yeux : cas du dollar : les USA ont tiré tant qu’ils ont voulu et le monde les a laissé faire, parce que ça arrangeait… tout le monde. Cette notion fait alors rentrer la représentativité économique pour gager la monnaie et non plus l’étalon-or.

Quelque soit la manière dont la monnaie est introduite dans la vie courante, elle seule permet des échanges, d’autant que si la valeur d’un objet est facilement évaluable (Un jarre d’huile=cent mesures de blé), ça devient très compliqué d’évaluer une heure de cours d’Anne Marie Chovelon par rapport au kilos d’olive noires. Et que pourrait-elle faire avec 100 kilos d’olives ? Elle irait en proposer 10 au marchand de godasses contre une paire de tongs phosphorescents, lequel marchand en prélèvera 5 kilos pour faire régler l’allumage de sa voiture. C’est plus simple de dire 10 euros.

La notion d’argent passe donc d’une part par la notion d’échange et d’autre part par la notion de travail (Socialement nécessaire). Un fait historique intéressant : le mot « SALAIRE » vient de sel : les ouvriers étaient payés en sel qui était la monnaie. L’intérêt était qu’il était consommable et échangeable.

Dans la théorie Marxiste, l’argent (la monnaie) est une matière première susceptible de spéculation comme n’importe quelle matière première : les fruits augmentent quand il pleut, parce qu’ils ont pourris sur l’arbre : la rareté fait monter le prix. Donc on peut spéculer sur le dollar ou l’euro, non parce qu’ils sont difficiles à fabriquer, mais parce qu’ils sont l’emblème de l’économie d’un pays : à acheter la monnaie d’un pays en expansion, on peut tirer les bénéfices de cette économie. L’argent perd donc sa valeur de moyen d’échange par appréciation du travail pour devenir l’objet de la spéculation (du profit).

L’argent est-il nécessairement sale ? Rôle de la spéculation dans cette appréciation ? L’argent n’est pas un moyen d’échange, mais en tant qu’objet de spéculation, il devient un moyen d’enrichissement sans travail. Moralement : sans travail le gain d’argent n’est pas justifiable ? Travailler sans recevoir de contre-partie financière ? Est-ce moral ? L’exploitation de soi même est-elle plus morale que l’exploitation par autrui ? (Je ne demande pas de salaire pour mon travail / on ne me paye pas pour mon travail). La forme de l’exploitation entre-t-elle en ligne de compte pour justifier l’exploitation ? Pierre Assas

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 Dimanche 4 septembre 

Matinée

Après-midi

  • Panorama des différentes structurations juridiques possibles pour TAC [danses]
  • Planning des rendez vous à venir et répartition des tâches
  • Clôture de l’Université d’été 2011 : les AC s’accordent sur la mise en œuvre de la structuration concrète de Les pensées de TAC [danses] – Territoires d’Actions et de Coopérations TAC [danses]
  • 17h-18h : Ménage & clean du site
  • Puis APÉRO offert par l’Amicale des danseuses de l’Estaque

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Liste des participants : Véronique Albert, Michaël Allibert, Andréine Bel, Laurent Boy, Ana-Gabriela Castro, Anne-Marie Chovelon, Jessy Coste, Michaël Cros, Aurélie Gogois (Association Multiprise), Christophe Haleb, Joris Lachaise, Christophe Le Blay, Bertrand Lombard, Philippe Madala, Antoine Mahaut, Anne-Sophie Popon, Jean-Jacques Sanchez, Barbara Sarreau.

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