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Politique chorégraphique à Marseille : KLAP !

KLAP-panneauKlap ! Maison pour la Danse à Marseille

Qu’en imaginons nous et/ou qu’en attendons-nous ?

Qu’avons nous collectivement à proposer ?

Extrait de la Charte des AC : “Il nous tient à coeur de défendre les notions de porosité des pratiques et des espaces, d’hétérogénéité des projets, d’échanges des savoirs et des responsabilités partagées.”

Rencontre AC et réflexions partagées le mardi 1er mars 2011 de 14h30 à 18h30 aux Studios du Cours à Marseille :


<INTRODUCTION> / <CONTRIBUTIONS> / <CONCLUSION> / <RESSOURCES> / <KLAP LIENS & DOCUMENTS>


<INTRODUCTION>

« Le rêvalisable » de la nouvelle maison pour la danse

1- Le rêve : Ce serait un espace poreux, dont l’extérieur est à défendre. L’accès y serait simple pour les artistes ayant à y travailler, quels que soient leurs projets singuliers et leur reconnaissance par les pouvoirs publics. Ce serait un endroit convivial, un lieu de métissage de styles, où les nouvelles définitions de la diffusion de la danse trouveraient leurs places. Ce serait un espace pour la créativité, c’est à dire un espace avec assez de vide pour que les rencontres puissent s’y développer ou s’y déclencher en utilisant aussi le hasard. Un espace avec des courants d’air… Ce serait un lieu tellement vivant que n’importe qui pourrait y passer, y boire un verre, discuter et plus si affinité. Ce serait un lieu de transversalité par excellence, publics, artistes, formateurs mais aussi : arts plastiques, image, son, stylisme etc… Ce serait aussi un espace avec la possibilité de se réunir pour discuter, réfléchir, écrire.

2- Les propositions de projets à acter là-bas :

  • Laboratoire avec des pistes communes de recherche dans une confrontation d’écritures chorégraphiques vers une co-écriture.
  • Traces filmées, écrites, médiation
  • Accueil d’artistes étrangers rencontrés lors des voyages des artistes PACA.
  • Bureau permanent, outil de réflexion critique
  • Création d’une chorégraphie par la confrontation des styles d’artistes variés à partir d’un mythe de la création du monde et gestion coopérative du projet.
  • Participer collégialement, coopérativement à la vie de ce lieu. Revendiquer cette identité auprès des politiques.

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<CONTRIBUTIONS>


Imaginer une approche « croisée, collégiale, coopérante » avec ce lieu : répétitions, résidences, ateliers, médiations…
Retour de coopération : un temps ouvert avec des artistes étrangers, hors Europe, pour des périodes d’écriture, de recherche, de présentation, de confrontation, de rencontre… La Construction de l’imaginaire social. Des territoires Les relations du corps Habiter l’espace…
Les Modalités de rencontre devront être ouverte aux autres formes d’arts, aux sciences humaines, autres pratiques…
Questionner la mise en rapport du Klap, lieu de pratique, de production et de présentation, (avec d’autres structures chorégraphique, théâtrale, musical, multi média, hospitalière, éducative, judiciaire…) pour permettre d’accompagner des expérimentations et des co-productions responsables du bon déroulement d’un processus.


Permettre aux artistes de disposer d’un lieu de travail, de recherche, d’échange et rencontre entre artistes et avec les publics selon l’imagination, le désir de l’artiste, de l’acteur c-à-d avec une grande souplesse afin d’ouvrir sur des propositions les plus inventives de communication entre artiste et public ! Laisser à l’artiste une certaine autonomie, indépendance dans ses choix de rencontres. Tenir compte de l’existant, de la vie du quartier dans lequel KLAP se trouve ? En lien avec le local et pas de manière superficielle !


Une maison : S’y sentir à l’aise dès le seuil de la porte, un endroit vivant, accueillant, revigorant, où des discussions naissent sans être programmées des mois à l’avance. Des tables, des chaises, des tasses et des verres. Des journaux, des vidéos, des livres. Une hybridation entre le café, le bar endroits éminemment publics et une maison, lieu de la vie singulière de tout un chacun. Souvent les appellations dites « ressources » sont des comptoirs un peu froids où l’information se range, se classe ; pourquoi ne pas mettre à disposition et à la vue du passant l’actualité artistique, les liens qui existent entre les artistes de la région, les démarches ou quêtes ou recherches des acteurs du champ chorégraphique avec d’autres domaines ? Publier, faire circuler, ventiler, respirer un air différent de celui des institutions administratives.

Pour : Ne pas être contre dans les deux sens du terme ; c’est-à-dire être en accord mais aussi ne pas être collé, agrippé pour employer un vocabulaire appartenant à la physicalité. Respecter une distance bienveillante avec l’autre, ne pas l’instrumentaliser ou s’en servir pour des buts carriéristes individuels stériles et sclérosants. Permettre une souplesse dans l’organisation des lieux de travail, partager par le regard de l’autre sa recherche si besoin est, offrir un vaste panorama des créations en cours ou terminées sans a priori, sans parrainage nécessaire, sans préjugés, écouter, écouter, observer et tenter, jouer. Le monde de ce XXIème siècle est entrain de se constituer sur l’échec du libéralisme le plus débridé, c’est une chance, ce sont des réflexes, des comportements, des décisions à remettre en cause et à remettre sur le tapis, sur le terrain, pour comprendre cette lame de fond qui adviendra tôt ou tard.

La danse : C’est un art avant tout, c’est entrer en résonance avec le corps et l’esprit. Ce sont des sensations, des techniques, des hommes et des femmes au-delà des genres bien normés passionnément amoureux de la vie qui anime le corps. Mais un amour à donner, à voir, à dépasser l’ego ; l’éros est la rencontre avec une lumière, c’est une illumination, une expérience unique et universelle. On ne peut pas le décrire, peut-être les poètes y arrivent, c’est tout sauf un renoncement, c’est une plénitude. Alors lorsqu’un art aussi physique que la danse décide d’ouvrir une maison pas close pas justement, c’est une invitation et non une interrogation sur soi-même qui reste tournoyante sur elle-même. Questionner la danse ne suffit plus ; si représentation, transposition débarquent sans prévenir, un autre souffle se propage, bouscule, réchauffe ou provoque et met tout cul par-dessus tête. La recherche d’un artiste le coupe du monde, c’est un moment nécessaire et inévitable mais le bonheur de retrouver les autres lorsqu’il dévoile son travail mettra au placard cette solitude. Public, public chéri… générosité, générosité adorée par ce public, public chéri !


Dans cette maison pour la danse, la place d’un lieu ressource est à penser. Il s’agirait de constituer un fond documentaire de livres, de vidéos, de traces audios et visuelles, d’écrits. Un tel espace est aussi un possible lieu d’exposition ; de mise en valeur pour des traces de travaux en cours dans le lieu, ou ayant eut lieu ; de parcours thématiques à l’intérieur d’une œuvre, d’un corpus…
L’ouverture aux esthétiques dites « nouvelles »…
Comment penser la danse aujourd’hui et dans quel espaces de rencontres possibles ? Quelles nouvelles modalités de rencontre de la danse avec d’autres approches (l’apiculture bien sur…. Mais aussi l’architecture, les scientifiques, etc…) ? Quels modes de relations ces espaces et ces approchent induisent t-ils ?
Nous pourrions imaginer une sorte de comité, de collège d’ACteurs, à géométrie variable, qui pourrait faire des propositions à KLAP en terme de formation (stages, cours ou trainings) répondant vraiment à nos besoins. La question des cours réguliers, donnés par des danseurs de la région ou par les Cies en résidence est à poser également ?…


CHANGEMENT : Changer nos habitudes individuelles en habitudes collectives. Se réorganiser autrement ensemble. Du temps libre, oui mais pour quel bien-être ?

TRANSFORMER >> INTERPRÉTER : Revenir sur la notion de transformation sociale : Ce n’est pas forcément la transformation du monde et de soi dont il est question en cette époque, mais plutôt d’interpréter le monde, la nature et son corps. Quelles relations de qualités construire, tisser, tendre, ressentie, entre soi et le monde, l’autre, son corps ? Doit on souhaiter un développement matériel toujours plus grand, ou faut-il promouvoir un développement humain, relationnel, etc ? Il s’agit de répartir les ressources de façon juste. Ayons une réflexions à partir du constat d’un disfonctionnement structurelles de la culture dynamique, de la culture politique, qui fonctionne dans un cycle comme si l’on disposait toujours de la même quantité d’énergie ou d’argent. Comme si l’économie était hors du temps. Sortir d’un système clos qui ne cesse de croître. En regard aux captations de l’économie culturelle par un petit groupe d’acteur présent sur le territoire il s’agit donc d’amender l’économie pour la réinscrire au sein du reste des sciences naturelles. Penser au terme de bio-économie.

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<CONCLUSION>


L’idée est donc aussi d’avancer comme une nécessité qui s’impose dès aujourd’hui à tous types de lieux chorégraphiques, tel le KLAP. L’idée est que nous avons changé de paradigme en matière d’économie et de politique culturelle, et que de ce fait, ils n’ont pas d’autres choix que de participer au remaniement de leurs structure et à la mise en œuvre d’un système coopératif.

Constatant l’isolement de l’ensemble des petites structure chorégraphiques lié à leur éclatement, leur manque de coopération et leur dissémination sporadique sur le territoire… Prévenant les grandes structures (comme le KLAP) de s’enfermer dans une logique hégémonique, celle de la politique du monopole artistique et culturel. Politique qui octroie à quelques rares structure élues les espaces les plus vastes et les enveloppes les plus substantielles (prévenir en avançant que désormais une telle logique ne peut qu’être voué à l’échec, et que l’état « économique » actuel de la société oblige à la coopération. Bref, c’est l’union, et la diversité, qui font la force).

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<RESSOURCES>


CNIG – Centre national de l’information géographique – Conseils pour et pourquoi mutualiser ?Notes récupérées sur www.cnig.gouv.fr :

  • Avoir une connaissance partagée du territoire. La réalité des territoires est tellement riche qu’aucun organisme ne détient la totalité des informations la décrivant ; il s’agit de rassembler les informations dont dispose chaque partenaire et de les partager, voire, ensuite, de confronter les analyses menées à partir de ces informations.
  • Mettre à la disposition du citoyen des informations sur son territoire. Cela peut prendre diverses formes : mise à disposition de données, de cartes, d’outils interactifs,…
  • Créer un observatoire commun sur un territoire donné.
  • Faire une étude commune, qui suppose le traitement d’informations liées au territoire.

La recherche d’un gain partagé par tous les partenaires : A plusieurs, on peut faire mieux, davantage, avec moins de moyens ; il s’agit principalement d’optimisation des moyens, d’amélioration de l’efficacité et de bénéfices tirés d’un réseau de compétences. Le partage des savoirs est particulièrement enrichissant, il peut porter sur les compétences techniques et/ou thématiques, sur les formations, sur la création d’un réseau permettant de capitaliser des pratiques et des savoir-faire,…
Tout d’abord, partager des informations localisées sur un territoire  » rend intelligent « , du moins permet de développer une intelligence collective sur un territoire partagé. Une part importante de la plus-value informationnelle se produit justement aux interfaces, au croisement des domaines.
Ces démarches amènent les acteurs à travailler avec leurs partenaires habituels dans un cadre différent de celui qu’ils pratiquent habituellement : il ne s’agit pas de comparer ou confronter des analyses ou des projets sur un territoire, comme ils le font dans le cadre de la réalisation de leurs missions respectives, mais d’élaborer un patrimoine commun de codes et d’interprétations nécessaires à l’organisation du partage de leurs données. Cette mise en scène – et en phase – nouvelle est productrice d’écoute et de compréhension des problématiques et des raisonnements des autres, de « capital social » : comprendre le mode de raisonnement d’un autre, la façon dont chacun pose les problèmes, détermine ses priorités, c’est mieux comprendre son point de vue, c’est la production d’une connaissance et d’un diagnostic partagés d’un territoire commun, informant le terreau de projets partagés.
Ensuite, partageant les informations, on en vient naturellement à mutualiser les systèmes : ces partages sont gagnant – gagnant. Par construction, ils impliquent des choix communs, et donc des coûts partagés. Certes, ils nécessitent la mobilisation de moyens humains, souvent insuffisamment reconnus, mais ils débouchent tôt ou tard sur des investissements communs partagés, sur des économies directes, en évitant les doubles saisies coûteuses d’informations, en mutualisant le développement d’un service, en partageant le coût d’acquisition de bases de données, en économisant du temps d’accès à l’information. Les décisions, s’appuyant sur des informations partagées par tous les acteurs concernés, gagnent alors en efficience…

Conseil National de l’Information Géographique – Pourquoi mutualiser ? (8 février 2006) / Conseil National de l’Information Géographique – Conseils pour mutualiser (octobre 2008)


Approche participative, approche coopérative – Bernard Bel


Problématiser

« Penser, c’est expérimenter, c’est problématiser », cette formule est de Deleuze.

Problématiser a été conceptualisé par de nombreux auteurs, et mis en application à travers des mouvements sociaux au Brésil par :

  • Paulo Freire : Pédagogie des opprimés, PCM Paris 1982), Pedagogy of indignation (Paradigm publishers, London, 2004), Education for critical consciousness (Continuum, New York, 1973)
  • Augusto Boal : Pratique du Théâtre de l’Opprimé, (la Découverte, Paris 2004), Théâtre Forum.
  • David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. HB Editions, Forcalquier, 2007. Il emploie les mots « problémer », « problémation », c’est assez proche de la problématisation.

Problématiser est une étape difficile à ignorer ou gommer quand on met en œuvre un travail coopératif, parce que lorsqu’on fait face à un problème, ou lorsqu’on veut analyser une situation, l’opinion de chacun vient en premier : moi je pense ceci, moi je crois cela… L’opinion de quelqu’un n’intéresse personne dans un groupe, sauf à la rigueur celui/celle qui l’émet. Pourquoi ? Parce qu’elle est dépendante du vécu de la personne, de son histoire, de ses désirs profonds etc., toutes choses auxqu’elles les autres n’ont pas accès. Mais l’opinion est la première chose qui vient à l’esprit face à un événement, une parole, une chorégraphie etc. C’est l’opinion qui apprécie, évalue, juge, pèse, toutes choses qui devraient demander un certain recul que l’opinion pense avoir du seul fait qu’elle ait mis longtemps pour germer. Sans se rendre compte que cette germination n’est souvent que le lent processus d’un enfermement qui n’en peut plus du noir et décide de se montrer à l’air libre. On peut cacher une opinion à travers des questions orientées, des questions qui contiennent les réponses ou les amènent. Avoir une opinion demande un peu de ruse pour se faufiler et vaincre les résistances. L’opinion est aussi un phénomène légitime, chacun a parfaitement le droit d’en avoir, et peut-être parfois le devoir.

Tout ça pour dire que puisqu’elle est incontournable, autant en faire quelque chose, et c’est ce que fait la problématisation : elle questionne l’opinion en la mettant en problème. C’est à dire qu’au lieu de chercher des solutions à des problèmes issus d’une opinion, coopérativement on questionne en premier lieu le problème. Ce faisant, on rend à ce qui est observé sa complexité et aux observateurs une pensée en devenir, qui au lieu d’être arrêtée, devient une pensée qu’on puisse expérimenter. Cette question en a amené une foison d’autres : où trouve-t-on des formes abouties de coopérative, les SCOP, les SCIC. Quand est-ce qu’une asso 1901 en est réellement une ou quand est-ce qu’elle est obligée de tricher, comment nous fonctionnons quand nous sommes en groupe, et en premier dans la rencontre qui se déroule etc. etc.

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 <KLAP LIENS & DOCUMENTS>


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www.kelemenis.fr

logo_pdfVille de Marseille – EXTRAIT DES REGISTRES DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL – Séance du 10 Décembre 2007

Des articles :

Une émission de radio :

Radio Grenouille – KLAP maison pour la danse à Marseille : …En interrogeant nos métiers,… KLAP est un CDC développé par un artiste, pas un CCN non plus… Projet que nous avons construit dans la compréhension, dans l’observation, dans la complémentarité de tout ce que l’on sait qu’il se passe ou ne se passe pas à Marseille… Image de la danse qui peut être largement dynamiser… – Octobre 2011

media.radiogrenouille.com/20111009_eteignez_vos_portables_kelemenis_clap-web.mp3

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