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Les Pistes de la Barre 2

lsdlb-logo1ACtes posés et proposés lors de la journée Le Sens de la Barre 2, dimanche 18 juillet 2010 au CDC Les Hivernales en Avignon qui a réuni 35 participants et généré une grande richesse d’échanges et de propositions…

 La matinée 

Rencontre avec :

  • Laurent Van Kote – Ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale de la création artistique – Délégué à la danse
  • Françoise Rougier – Ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale de la création artistique – Délégation à la danse – Déléguée adjointe
  • Vanessa Charles – DRAC paca – Conseillère pour la danse
  • Eva Antonini – Service Danse – ARCADE
  • Danièle Talbot – Inspectrice Danse et Musique – création et enseignement

Questions d’AC PACA :

  • Les changements opérés depuis le passage de la DMDTS à la La direction générale de la création artistique
  • La baisse annoncée du budget 2011 du ministère de la culture
  • La réduction de la présence des DRAC en région (de 22 à 6) info ou intox ?
  • La politique chorégraphique du ministère
  • La présence du CND en région ? notamment en PACA : comment mieux articuler des partenariats et des présences (de tous les départements et missions) du CND en région ?
  • Les liens et compétences décidés, partagés… entre le ministère et les collectivités locales et territoriales
  • Le conseil de la création artistique et le ministère : liens et compétences
  • Le Comité Régional du Spectacle Vivant issue des Entretiens de Valois : en PACA ? Quand ? Avec qui ? Quelle représentativité (uniquement les syndicats et/ou aussi les collectifs/regroupements comme AC pACa) ?
  • L’idée d’une conférence permanence ou chambre professionnelle en paca ? Quelle participation la DRAC, le ministère, le CND ? Comme le suggère ADADA et son collectif danse en Basse-Normandie

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AC : Les changements opérés depuis le passage de la DMDTS à la La direction générale de la création artistique

  • Laurent Van Kote retrace l’organisation et fait un bref historique du Ministère de la Culture et souligne la fragilité potentielle de cette institution. Les différentes fonctions entrées progressivement depuis la fondation par Malraux, la transformation momentanée en Secrétariat d’Etat, le rattachement un temps à la Jeunesse et les Sports… Les fusions et la redistribution des référents et des compétences, surtout depuis 1998, dans un souci de rationalisation des fonds publics… Le passage en 2010 de 12 directions à 4 (ces 4 directions) Il souligne l’aspect peu commercial que représente le champ du spectacle vivant par rapport aux marchés de la musique et des arts plastiques.
  • Françoise Rougier rappelle qu’en 1999/2000, la déconcentration des crédits a perturbé les relations entre les professionnels et les tutelles, imposant de nouveaux interlocuteurs. Pour la danse, la déconcentration via les Drac a été totale. Ces Directions Régionales mettent en œuvre les politiques nationales adaptées aux situations particulières des régions = outils de rationalisation des actions de l’Etat = coupes dans les dépenses

AC : La réduction de la présence des DRAC en région (de 22 à 6) info ou intox ?

  • Laurent Van Kote : Intox ! Malgré le passage de 32 services en région à 8, les Drac sont restées.

AC : La baisse annoncée du budget 2011 du ministère de la culture

  • Laurent Van Kote : Le budget global de l’Etat est de 300 milliards. Celui de la culture est de 3 milliards. La dette actuelle de l’Etat est de 146 milliards. Un « Avis de tempête force 7 » est prévu. Le budget de la Culture est annoncé stagnant mais des dégels ont tout de même été possibles ces dernières années.

AC : Notre possibilité de parole politique doit faire avec la notion de rumeur

AC : Question de la présence du Centre National de la Danse en Région, particulièrement faible en PACA

  • Laurent Van Kote alternant avec Françoise Rougier : Reconnaît qu’on ne peut pas éluder cette question. L’utilisation du centre de ressource du CND est la 1ère réflexion en cours. Rappel que le budget du CND est l’un des plus gros. Comment rayonner de façon plus large notamment dans le Sud-Est ? L’idée principale est le soutien des Cies régionales = dispositif « Quand les régions s’en mêlent », 800 programmateurs passent par là = initiative à développer ailleurs. Besoin d’améliorer la visibilité des Cies régionales sur Paris. Importance du relais avec les associations départementales ou régionales (lorsqu’elles existent encore). Importance de l’accès Internet aux différents services du CND (nombreux éléments du Centre de ressource). L’antenne du CND de Lyon est citée en exemple, seule antenne en Région. Rappel de sa naissance grâce au Creuset, collectif qui a réussi la mise en place d’un entraînement régulier du danseur et obtenu une subvention. Propagation de cette action destinée aux professionnels. Nous sommes invités à faire acte de présence, nos idées sont les bienvenues.
  • Vanessa Charles (en fonction depuis janvier) : une étude est en cours entre le CND, les responsables Danse et Théâtre des départements et l’Arcade, suite à la rencontre à Rennes entre le CND et le CCN / Musée de la danse (Boris Charmatz).
  • Eva Antonini cite l’entraînement du danseur déjà en place dans le Vaucluse et propose de travailler ensemble à son développement ailleurs.

AC insiste sur la spécificité de la région PACA, rappelant qu’à Rennes la demande est venue du CCN. Idée que les danseurs peuvent trouver une forme d’entraînement via des stages intensifs.

  • Laurent Van Kote énonce le souci de ne pas léser les cours privés qui ne sont pas subventionnés bien que menés par des professionnels.
  • Françoise Rougier revient sur la concertation mise en place par la Drac Bretagne, ouverte aux professionnels locaux, suite au départ du CCN de Catherine Diverrés : qu’attendait-on du CCN ? Est apparu le besoin de différencier les missions d’un CCN de celles du CND. Quel interlocuteur ? Drac ou CND ?

AC redit le manque particulier de lien avec les CCN en Paca

  • Laurent Van Kote rappelle qu’on ne peut plus parler de « formation continue » puisqu’il n’y a plus de ligne budgétaire pour ça, mais bien d’ « entraînement régulier »

AC amène l’idée des relations difficiles avec les Conservatoires

AC s’étonne du manque de concertation et de réactivité de parts et d’autres malgré les possibilités offertes par les moyens tels qu’Internet.

  • Laurent Van Kote dit que rien n’interdit de prendre rdv avec la Drac ou le CND.
  • Danièle Talbot rappelle l’existence d’une « Charte des enseignements artistiques » qui invite les Conservatoires à une ouverture, y compris vers les autres arts. Rappel aussi qu’il n’y a pas de Conservatoire à Marseille !

AC souligne la différence de vitesse entre la réalité des terrains (ex : lien spectacle vivant/arts numériques) et ce qui est enfin possible dans les conservatoires.

AC propose d’organiser prochainement un temps plus spécifique sur les engagements politiques qui peuvent stimuler l’ouverture au sein es Conservatoires. Et repose la question du lien entre le Ministère et le « Conseil Artistique de la Création ».

  • Laurent Van Kote dit qu’étant une pure décision du Président de la République, il n’y a aucune collaboration. L’argent provient du budget du 1er Ministre et transite en partie par le Ministère de la Culture, mais ils ne connaissent ou contrôlent pas le budget du CAC.

AC : Puisque ce Conseil a été créé pour remettre en question l’efficacité du Ministère de la Culture, à quoi sert le Ministère ?

  • Laurent Van Kote : « On y est soumis comme vous ! On fait avec… » Puis il rappelle les fonctions administratives du Ministère.

AC questionne le rôle de faire valoir et d’aiguillon du CAC pour stimuler des choses innovantes. Comment (du côté du Ministère ?) résister au quotidien ? Comment faire valoir sa spécificité ? Respecter la diversité d’opinion ?

  • Laurent Van Kote retrace le mise en place de conférences en 2003 pour palier à l’absence criante de recul et d’observation. Création du département « Etudes et prospectives » (toujours embryonnaire) et de l’ « observatoire du spectacle vivant ». Manque d’outils communs entre les observatoires. Malgré les collaborations avec les associations départementales. Discussions en cours menées avec les tutelles locales. Problèmes de compatibilité politique entre les différents échelons locaux, selon le choix des élus. Rapport de force face à la Révision Générale des Politiques Publiques et la suppression des compétences dont la Culture.

AC : Y a-t-il assez de temps avant les prochaines élections présidentielles ?

  • Laurent Van Kote : La Culture n’est pas une compétence juridique, c’est une option.

AC : Des terrains de consensus créés en Région pendant les Entretiens de Valois ont été écrasés. Prendre en compte que plus de 80% des Français s’intéressent à la culture.

  • Laurent Van Kote renvoie aux élus : « C’est là que se jouent les choses ». Ce sont nos interlocuteurs.

 Après-midi 

TOUR DE TABLE via le DÉSIR d’ACTER, en guise de présentations individuelles et basées sur des préoccupations liées à nos professions et à nos idéaux de vies ; De l’intime vers le social et inversement.

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« La ligne de moindre résistance est à l’endroit du corps, un état juste ou propice au déplacement par où quelque chose s’ouvre et trouve contact avec l’extérieur, le monde, les autres… »

Quelques paroles échangées…

Comment situer/déceler avec distance les courants émergents ? Besoin de retours. Manque de compétences critiques, d’écrits sur la danse. Articulation entre l’intellectualité, la réalité du terrain et le politique. Elargir et se donner les moyens d’élargir l’éventail. Capacité d’initiative peu sensible en Paca. Nécessité de voyager, voir ailleurs.

Produire du document, de l’archive et créer des résonances. Dynamique de transmission, d’échange et d’émulation par des croisements avec ADADA, la Réplique…

L’utopie serait de créer une coordination entre tous les mouvements reconnus/repérés. Se regrouper pour développer une thématique/co-construction/concertation/angle d’attaque commun émanant de la diversité. Communiquer.

Besoin de synergie de réflexion pour sortir de nos ghettos. Notion de sérendipité : ce qui naît du hasard (selon Wikipédia, la sérendipité est la compréhension instantanée et l’exploitation concomitante des conséquences heureuses et inattendues d’un concours imprévu de circonstances malheureuse [ ...], la flexibilité mentale à reconnaître immédiatement que ce qu’on a trouvé a plus d’importance que ce qu’on cherchait et à abandonner son ancien objet de recherche pour se consacrer au nouveau.)

Adtopie (≠ utopie) : transposition entre son territoire intérieur, bien réel, et l’extérieur. Avoir le courage d’être soi. Il n’y a pas l’irréalité. La résistance est le lieu où on est contant de vivre. Joie du vivant. La Nature ne se défend pas, elle résiste. Interpeller le politique de l’endroit du corps. Revendiquer cet endroit partagé. « La forme, c’est le fond qui remonte » dit Flaubert. Seules les compétences peuvent nous différencier. Donner envie à l’autre de reconnaître sa propre créativité dans la création de l’autre. Le rôle de l’artiste est de rendre le spectateur intelligent, joyeux, libre de penser. Comment donner envie aux collectivités de participer à l’histoire ? Se sentir légitime.

Modèle du « cluster », grappe de raisin en anglais (selon l’association des Articulteurs, réseau de partenaires s’engageant à coopérer pour développer des initiatives culturelles, idée de favoriser l’insertion de personnes en difficulté, de resserrer le lien social entre publics d’horizons divers et de porter des projets économiques profitables au terrain). Idée de « rêvalisable ».

Redonner de la valeur au sens et au plaisir plutôt qu’au développement imposé par le système.
Comment être acteur du système ? Tous conscients des limites mais quelle alternative ? Proposition d’économie alternative.

Meilleure place d’accompagnement du travail artistique. Besoin de rééquilibrer la « hiérarchie » diffuseur/artiste. Comment contrôler le rôle de juges des diffuseurs ? Manque de remise à niveau.

Rester vivant face aux inévitables fluctuations. Se positionner comme partenaire incontournable.

Question de persévérance. Insistance d’un motif. Comment rapprocher des éloignements ? Disproportion entre les prises d’initiatives des artistes et les moyens/sources possibles de force et de persévérance.

Questionner l’art du mouvement sur le fait que le monde évolue. Sortir des habitudes, travailler collectivement à la transformation de nos métiers. Inventer les productions avec un temps réel. Mutualiser avec qui ? Quoi ? Comment ? Quoi coopérer ? La mondialisation crée aussi une bulle, de la courbe, de la circulation et on peut opposer l’idée de compétition et celle d’émulsion (stimulation).

Nécessité d’une meilleure circulation entre les pouvoirs publics, les diffuseurs et les artistes.

Il manque l’appui du public.

Tant de choses sont invisibles alors qu’elles existent ! Le fonctionnement des subventions par les aides à la création fragilise le travail de fond sur la durée. Il y a des actes artistiques qui ne sont pas lisibles par les pouvoirs publics.

1 bureau nomade danse trans-chorégraphique.

Comment devenir une force incontournable ? Une chambre professionnelle avec AC Paca dans sa composition. Le nombre de militants et le travail d’analyse ne suffisent pas.

Question de la rentabilité à discuter. L’économie peut aussi inclure la monnaie de temps.

Programme : Le Sens de la Barre 2

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